Les asperges

 

imagesPRÉSENTATION Encore un légume connu depuis l’Antiquité, on le retrouve d’ailleurs sur les fresques égyptiennes. Dans la Grèce antique, l’asperge était dédiée à Aphrodite, déesse de l’amour. Les Grecs lui conféraient de grandes vertus, aphrodisiaque certes mais plus que ça. Ils se sont intéressés aux qualités pharmacologiques de l’asperge. Hippocrate l’utilisait pour soigner les troubles intestinaux et les douleurs de l’urètre.

Si en France elle a été relativement négligée, c’est Catherine de Médicis qui l’a ramenée dans ses bagages lors de son mariage avec Henri II, lui offrant ainsi une place de choix sur la table des grands. Elle est devenue par le fait, le mets de choix, raffinée pour les plus aisés. De nos jours, elle a trouvé sa place sur presque toutes les tables mais en raison de son mode de cueillette manuel, elle reste toujours assez chère. Il y a 4 variétés principales qui sont récoltées en Europe où sont vendues annuellement 250 000 tonnes. On trouve également une douzaine d’espèces sauvages de l’asperge qui sont toutes comestibles.

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CULTURE L’asperge est une tige partant d’un rhizome, qui s’allonge pour chercher le soleil avec un bourgeon pour terminaison. On parle alors de turions d’asperge. A moins d’être un jardinier aguerri, le semis est très difficile à faire. Le mieux est d’acheter des griffes (les rhizomes). Il faut les planter dans un endroit où le feuillage relativement élevé ne gênera pas les autres plantations par l’ombre qu’elle donnera. Ayez bien conscience que vos pieds d’asperge resteront en place plusieurs années. Elles commenceront à donner un peu la seconde année mais c’est au bout de la quatrième année que vous pourrez vraiment profiter d’une belle récolte. Une exposition ensoleillée est conseillée sur un sol plutôt sableux et riche en humus. La mienne étant argileuse, je suis allée chercher du sable de rivière pour l’alléger. Enrichissez votre terre de compost à la saison automnale précédant la plantation des griffes. Creusez une tranchée de 40 centimètres de large sur 30 centimètres de profondeur. Si vous  faites une seconde rangée, espacez d’un mètre les deux rangs. Ensuite posez vos griffes au fond de la tranchée à une distance de 50 centimètres l’une de l’autre. Recouvrez-les délicatement de terre. Et pour finir arrosez-les abondamment.

ENTRETIEN ET RÉCOLTE Au cours de la 1ère année, comblez la tranchée s’il y a lieu. Désherbez régulièrement et n’arrosez que par temps sec. Sachez que toutes les matières à décomposition lente constituent pour l’asperge un engrais de tout premier ordre y compris des chiffons de laine ou des rognures de cuir.

En mars de la seconde année puis tous les ans à la même période, buttez vos rangs sur 30 centimètres minimum voire 50 centimètres. Tous les ans amenez de la fumure organique (compost bien décomposé sinon, les turions deviendraient fragiles) et de l’engrais bio riche en potasse et en phosphore. N’oubliez pas de désherber et de biner les buttes tout au long de l’année.

A la saison automnale coupez le feuillage au ras du sol et dé-buttez vos rangs d’asperge. Amenez du compost pour enrichir le sol et faites un paillage de feuilles mortes. Vous referez les buttes au mois de mars.

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La durée de vie des asperges atteint une quinzaine d’année. Pour les récolter le mieux est d’avoir une gouge. Il s’agit d’un outil spécial en forme de cuillère très allongée. Il permet de descendre le long de l’asperge et d’atteindre la griffe. Sinon avec la main, dégagez la terre qui entoure les jeunes pousses. Faites un mouvement de torsion pour les détacher.

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Récoltez-les jusqu’à ce que les turions fassent moins d’un centimètre de diamètre. A partir de là, laissez-les monter en feuilles jusqu’à l’automne. Ne récoltez pas avant que vos pieds n’aient atteint 3 ans. Laissez la plante se développer pour qu’elle parvienne à maturité. L’asperge est dite « blanche », « violette » ou « verte ». Mais cela est dû à des modes de culture distincts (et non à des variétés différentes). Les blanches sont celles qui n’ont jamais vu la lumière du jour. Les violettes ont eu leur pointe exposé à la lumière et les vertes sont complètement sorties au jour. Chacune a sa propre saveur.

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AUTRE FAÇON DE CULTIVER L’ASPERGE Un ancien expérimenté m’a fait part d’une autre façon de cultiver l’asperge. Il part du postulat qu’une plante pour qu’elle s’épanouisse au mieux, doit pouvoir se développer dans les mêmes conditions que la plante sauvage. Or le buttage n’a rien de naturel. Ainsi il cultive « à plat ». Il enterre donc les griffes à 5 ou 10 centimètres maximum dans le sol. Il entretient de la même façon que les buttes en désherbant et binant le sol. Dès que l’asperge pointe hors sol, il la coiffe d’un tube (poterie, PVC, conserve.) d’environ 6 cm de diamètre et une vingtaine en longueur. L’asperge continue à pousser dans la poterie à l’abri de la lumière. Lorsqu’elle effleure le bord du tube, il enlève le tube et cueille son turion sans difficulté. Avec cette méthode, les asperges ont un bon mois d’avance par rapport à la culture sous butte. Deux raisons pour cela. D’abord la chaleur du soleil réchauffe bien plus vite les griffes que dans une butte de 30 centimètres et la végétation démarre plus vite. La seconde est que l’asperge pousse plus vite dans le tube que dans la terre.

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MALADIES ET RAVAGEURS Les racines (ou la base des tiges) se recouvrent d’un feutrage rouge-violacé, avec une pourriture sous-jacente entraînant la mort du plant, c’est le rhizoctone violet ou pourriture des griffes. Il n’y a pas grand-chose à faire sinon brûler les plants atteints. Sachant que le champignon responsable reste dans le sol pendant plusieurs années, vous ne pourrez donc plus planter dans ce coin, d’asperges mais plus non plus de betteraves, de carottes, de pommes de terre qui y sont aussi très sensible. Par contre, prenez la précaution à la plantation, de désinfecter les griffes dans une solution d’eau de javel à raison de 50 millilitres/litre pendant quelques minutes. Le principal ravageur de l’asperge est un petit coléoptère, le criocère dont la larve ronge les divers organes aériens de l’Asperge jusqu’à épuisement de la plante. Dès les premiers symptômes, il faudra que vous pulvérisiez soit :

1- Avec du savon noir. Diluez 10 à 30 grammes/litre d’eau. Vous pouvez mettre 1 à 2 cuillerées à café d’huile végétale pour diminuer la mousse. Commencez avec une eau tiède pour faciliter la dilution et poursuivez avec une eau à température ambiante.

2- Ou bien avec du savon de Marseille en paillettes. Diluez 100 à 150 grammes de savon de Marseille en paillettes dans un litre d’eau. Portez à ébullition jusqu’à dissolution complète du savon. Ajoutez de l’huile végétale et mélangez le tout à 10 litres d’eau.

Traitement à faire tôt le matin ou en toute fin de journée.

A SAVOIR Le criocère n’aime pas du tout l’odeur de la tomate. Plantez quelques plants de tomates avec vos asperges. Leur action répulsive a été démontrée.

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CRIOCERE et LARVES DE CRIOCERE

ASSOCIATIONS DE PLANTES Les asperges sont à cultiver en compagnie de l’oseille, la sauge officinale, des haricots nains, du persil, des concombres, des cornichons, des poireaux, des pois et surtout des tomates pour leur action répulsive contre le criocère comme déjà indiqué ci-dessus Mais surtout tenez les asperges éloignées de l’ail, des betteraves et des oignons.

Merci à Brigitte (Pestoune) pour son aide à la création de certains sujets et à Séverine (Sev28) pour les corrections de tous les sujets. Une petite visite sur leur blog serait la bienvenue. Merci pour elles Blog de Brigitte Image Blog de Séverine Image

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35 réflexions au sujet de “Les asperges”

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